Debriefing séance Lionel

Bonjour Madame,

Pour le commun des mortels, le BDSM est une sorte de secte bizarre rassemblant des gens cruels et morbident qui frappent allégrement d’autres personnes qui ont tellement peu de respect pour elle-même qu’elle ne rêve que d’une chose, souffrir et être mises plus bas que terre.
Or pour ma part, le BDSM est tout simplement la réinterprétation du fameux dicton « qui aime bien châtie bien ». La personne qui domine imprime tout autant ses marques que sa marque sur la personne qu’elle soumet. Mais elle sait aussi accueillir la peur, la frustration, le dépassement de la personne soumise. C’est un dialogue subtil que tout le monde ne peut pas comprendre.
Vous êtes une personne qui prend un réel plaisir dans la domination. Il y a, chez vous, beaucoup d’amour pour le BDSM et beaucoup de respect pour la personne qui s’offre à vous. Ce qui n’est nullement antinomique avec la douleur qui, j’en ai bien conscience à la lecture de votre blog, peut-être vive sous votre patronage.
Cependant, pour cette première rencontre, vous avez eu pitié de votre serviteur. Vous avez papillonné entre les différentes formes de votre art. Sans doute pour me jauger et me permettre de donner mes impressions sur un panel étendu.
J’ai eu l’audace de vous défier un très bref instant lorsque vous vous êtes intéressée à mes seins. Oh, rien de bien méchant; m’ayant dit que mon bouc et ma petite clochette me faisaient ressembler à une petite chèvre, il était normal qu’à un moment ou un autre j’essaye de ressembler à la chèvre de Monsieur Seguin. Je ne me faisais évidemment aucune illusion, le combat étant aussi inégal que celui entre un objecteur de conscience et un commando de marine. Disons que c’était pour vous distraire.
Je ne suis pas un grand adepte du «lâcher-prise». J’intériorise et intellectualise beaucoup trop. C’est pour cela que je vous appelle encore plus facilement « Madame » que « Maîtresse ». De la même façon, j’extériorise peu mon plaisir, comme par exemple lorsque je vous ai sentie derrière moi pendant que vous torturiez mes tétons. Mais le fait de vous sentir ainsi à vous occuper de moi fut très érotique, entre le maternel et la mante religieuse.
Pas plus que je n’ai extériorisé ma douleur quand la pince a glissé de mes tétons plus avant dans la rencontre. Mais j’ai quand même bien serré les dents à ce moment-là.  Comme vous m’aviez dit que j’étais assez résistant des tétons (toute proportion gardée évidemment) je ne voulais pas vous décevoir. C’est mon côté « brave petit soldat » même si je ne fais guère peur à quiconque.
J’ai aimé lorsque vous m’avez attaché au début de la séance à genoux, les mains dans le dos avec les pinces sur les seins. Ce fut une pointe de bondage. Vous maniez les cordes avec beaucoup de dextérité. Et le fait d’être sculpté durant un bref instant m’a beaucoup plu.
J’ai eu une tension très forte à ma poitrine quand vous m’avez suspendu ensuite près du canapé, avant de vous occuper une nouvelle fois de mes seins. Un sentiment bizarre ou la peur et l’envie de violence se mêlent. Je pense que si vous m’aviez à ce moment-là bandé les yeux j’aurais fait un malaise vagal comme j’ai pu le faire avec d’autres. Et pourtant j’aime ça. Sans même le support d’une croix de Saint André, je me sens entièrement livré à vous, comme si je perdais la maîtrise de mon corps.
Et justement, j’ai aimé le fouet. Vous le maniez avec une dextérité à nul autre pareil. Sur l’instant je suis mal à l’aise. Car tant les pinces me sont familières tant le fouet ne l’est pas. On ne peut se préparer à la douleur du fouet, car on ne sait où il va tomber et avec quelle force. Mon côté intellectualisation déteste ça. Mais après coup, je ressens une grande fierté de porter les marques du fouet. Votre virtuosité vous permet aussi de travailler sur la peur avec l’instrument. À mon corps défendant, je dois avouer que c’est ce qui pourra m’amener au mieux au lâcher-prise.
Enfin la partie humiliation, là je suis encore trop dans mon monde. Je m’isole encore trop mentalement pour que l’effet soit total. Je me dissocie. Je me regarde faire.
Voilà. Mon propos est un peu décousu tant les sentiments s’entremêlent encore. Je ne souhaite pas aligner les poncifs. Vous êtes belle, intelligente, mais plus que tout vous avez la puissance de l’authenticité. Et je serais heureux de vous revoir pour que vous m’accompagniez.
Vous remerciant de l’attention portée à la lecture de ce mél.
Très respectueusement
Lionel


Toile : Philfri Artiste peintre
contact : www.philfri.com

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