La plume face à la toile avec Philfri Artiste peintre : fantasme n°6

La Solution


Je me demande toujours d’où il vient lorsque ce sac invisible m’étouffe, mais dans le fond est-ce vraiment la bonne question à se poser ?
Doit-on chercher des raisons à tout pour trouver une solution ?

Cet emballage d’émotions refoulées dont je ne sais quoi faire, ce lot de sentiments bizarres qui me traversent souvent, ces sensations étranges qui m’étreignent comme si j’étais une vierge effarouchée. Moi, une vierge…

Tout est là, enfoui dans cette maudite poubelle que peut s’avérer être mon esprit parfois.

Des souvenirs douloureux, des peines inoubliables, des chagrins de toutes sortes qui tiraillent mon âme. Des épreuves qui n’en finissent plus, des blessures qui ne se referment jamais, de l’amertume qui laisse un goût amer et qui altère à jamais le goût du tout et du rien.

Tout est là, dans ce vide-ordures  qu’est mon corps à attendre des deuils impossible à accomplir.

Et toi mon Amour, tu es là, emballé dans du cellophane hermétique et suspendu par les poignets avec les doigts de pieds qui touchent à peine le sol. En déséquilibre total comme je le suis aussi intérieurement, représentant sur l’instant ces débris qui me rongent depuis toujours.

La bulle se forme alors autours de nous, il n’y a plus que toi et moi dans notre univers imperturbable, notre forteresse que rares peuvent interpréter ou pénétrer. Une citadelle où tout est confus et inversé, un monde où le plus fort est le plus faible et où le châtiment est une signature d’amour. Notre univers.

Mes mains ont cessées de trembler, mes yeux ravalent leurs larmes pour s’assombrir et ma petite voix se transforme en hurlements puis en rires sadiques au fur et à mesure où je te torture.

Sous les coups de ces chaînes en acier, ton calme olympien va se transformer en agitation, ton regard tendre, je le devine sous ta cagoule, va s’inonder de pleurs et toi habituellement si doux, tu vas te mettre à crier pour accompagner les bruit de la bête qui m’habite à cet instant précis.

Je vais te battre, te fouetter, te martyriser de plus en plus fort jusqu’à ce que tes orteils ne touchent plus le sol et que le plastique qui te renferme se perce.

Il va craquer sous les coups, laissant apparaître des détritus : du sang, des marques sombres, des boursoufflures immondes.

Et ça n’est que lorsque ce sac poubelle géant aura déversé tous mes déchets que j’arrêterai. J’irai me doucher puis te libèrerai d’un coup de scalpel.

Tu t’effondreras au sol et tes yeux seront de nouveau remplis d’amour pour moi. Une « moi » plus propre, plus pure. Une « moi » dont la pourriture aura été emportée temporairement par les éboueurs de cet ébat.


Jusqu’à ce qu’elles se remplissent de nouveau, ces putains de poubelles pour faire de toi, une nouvelle fois, La Solution.



peinture www.philfri.com


H - Le 2/3

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