La plume face à la toile avec Philfri Artiste peintre : fantasme n°5

A la vie à la mort



Parfois, mon cœur bat tellement fort et tellement vite que j’ai l’impression de l’entendre, un peu comme s’il allait sortir de ma bouche et s’échapper comme le ferait un oiseau en cage.

Mon thorax se gonfle puis, pour une raison que j’ignore, il se bloque me laissant haletante, sans oxygène, un peu comme si la mort se baladait devant moi me rappelant que je n’ai strictement aucun pouvoir sur elle. Que c’est elle qui décide quand je partirai et que je n’ai pas le droit de penser qu’il pourrait en être autrement.

Alors je reste là, avec mes oreilles bourdonnantes à attendre que cela passe, en espérant que je vais pouvoir me relever dans quelques instants. Fatiguée, effrayée mais en vie.

L’entends-tu toi ton cœur lorsque tu as ce sac sur la tête ? il devrait raisonner de ne pas voir, ni même deviner ce qui va t’arriver. Envelopper dans ce sac plastique, je peux voir les mouvements de ta respiration, ça me rappelle mes crises d’angoisse à la différence que toi tu es consentant et que moi je n’ai rien demandé.

Je regarde ton visage se dessiner  à travers cette matière qui se colle de plus en plus sur ta peau, tu as du mal à respirer, je le vois au travers de cette bouche qui s’ouvre pour chercher un peu d’air que tu n’auras que lorsque je l’aurais décidé. Parce qu’aujourd’hui, la mort, la tienne, c’est moi.

Perchée sur mes cuissardes, je t’observe vaciller et c’est lorsque tu t’abandonnes que je vais cogner pour te rappeler de ne pas lâcher, pour te rappeler que c’est moi qui décide si tu dois continuer ou pas. Je ne peux pas contrôler ma mort, mais j’ai main mise sur la tienne mon Amour.

A genoux, nu, tes sens sont  aveugles, tu ne vois rien, ne sens rien, la seule chose qui te berce c’est le bruit de ton cœur qui va cogner fort partout dans ton corps au rythme des coups de tonfa que tu recevras de ma main.

Je vais cogner doucement sur ton corps, puis je m’acharnerai sur ta tête sans visage parce qu’à cet instant précis, j’ai beau t’aimer de toutes mes forces, mais tu n’es rien ni personne. Tu n’es que cette fatalité que nous fuyons tous, une façon sans doute d’avoir un peu de pouvoir sur ma propre vie.

Quand j’arriverai au point culminant de ton agonie, que le sac aura été percé par ma bataille et que le sang immaculera le plastique, alors je jetterai cet objet de douleur. Je te prendrai fort dans mes bras jusqu’à ce que les marques de ton visage dessine des arcs en ciel rouge sang sur ma poitrine. Je te dirais la vérité, car il ne faut jamais mentir à quelqu’un qu’on aime.


Je te dirais que je t’aime et qu’une fois encore ta douleur est pour moi une thérapie qui me permet d’apprécier, à chaque instant, ma vie si détestable.




toiles www.philfri.com

Commentaires

  1. Certainement l un de tes plus beaux textes....sincère et entière. Ce texte c est une vraie partie de toi....

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